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Se découvrir grâce au flamenco

 L'Itinéraire (Canada) 04 June 2019

«Le flamenco est né du sanglot issu du premier baiser. » Cette phrase du célèbre poète Federico Garcia Lorca reflète la constante contradiction de cette danse à la fois dure et sensuelle qui fascine bon nombre de gens. Très en vogue à Montréal, pour ceux et celles qui le pratiquent, le flamenco est un peu comme un rayon de soleil dans la rudesse de l’hiver. Plus qu’une simple danse, le flamenco est un état d’esprit, une aspiration vers laquelle tendent les passionnés. (725 words) - By Alice Braud

«Le flamenco est né du sanglot issu du premier baiser. » Cette phrase du célèbre poète Federico Garcia Lorca reflète la constante contradiction de cette danse à la fois dure et sensuelle qui fascine bon nombre de gens. Très en vogue à Montréal, pour ceux et celles qui le pratiquent, le flamenco est un peu comme un rayon de soleil dans la rudesse de l'hiver. Plus qu'une simple danse, le flamenco est un état d'esprit, une aspiration vers laquelle tendent les passionnés.

«C'est une danse reliée à la terre, explique Sarah Vincent, enseignante à l'Académie Flamenca de Montréal. «Elle exprime les émotions et joue avec le rythme.» Présenté en spectacle par les plus grands professionnels et dans les bars, chanté, joué et apprécié auprès d'un large public, le flamenco, par le passé, n'a jamais eu un succès comparable à celui qu'il connaît de nos jours. Avant d'être reconnu comme un art, c'était une discipline secrète et peu appréciée, comme l'étaient les gitans, à qui l'on doit pourtant l'influence et la diffusion de cet art.

Démocratisé petit à petit grâce à l'apparition des cafés «cantantes» (bar-concert de l'époque), le flamencoa suscité un réel engouement dans les années 80 à Montréal. Des écoles ont alors vu le jour et c'est en 1990 que les choses se sont accélérées. Si pour Sarah Vincent, il y a ni plus ni moins d'inscriptions qu'à ses débuts, ses classes regroupent des adeptes de toutes les nationalités et de tous les âges et même si aucun homme n'est inscrit à ses cours, il y a un réel public pour le flamenco, féru et très connaisseur. Les salles de spectacle où on en présente sont toujours pleines; les danseurs de flamenco de Montréal sont reconnus sur le plan international et font l'objet d'une grande reconnaissance parmi les professionnels.

Un art de vivre

«Comme nous disait notre professeure de danse, avec les bras, tu vas chercher le flamenco, c'est une chose que tu vis plus que tu ne danses», nous dit Catherine, novice en flamenco, les yeux écarquillés lorsqu'elle évoque ce qu'il représente pour elle. De la grâce des bras au son saccadé des chaussures cloutées, le flamenco est avant tout un rythme. «Ce que j'aime, nous dit Marie, c'est la musique, les percussions que l'on fait avec nos pieds.»

Le flamenco, c'est aussi bien une posture, de la rigueur, de l'apprentissage, de la technique. Mais c'est aussi un arc-en-ciel quand on contemple les volants des jupes qui s'élèvent dans les airs, les éventails qui s'ouvrent tous en même temps et l'attitude fière mêlée à la grâce audacieuse des danseuses. On se rend vite compte que le flamenco est bien plus qu'une simple danse : c'est un art de vivre, une communauté qui se rassemble pour partager une passion commune. «C'est avant tout une rencontre avec les autres, et surtout avec soi-même», nous dit Aurore, élève de flamenco. C'est après les cours que les élèves s'échangent les derniers bons plans pour se dégoter des chaussures de danse moins chères, qu'elles fantasment sur les jupes à volants.

C'est presque comme si la chaleur de l'Espagne venait transpercer les murs des salles de danse. On trouve d'ailleurs sur Internet un site consacré au flamenco à Montréal. En plus de présenter les écoles de flamenco, il donne des adresses de salle où on peut en voir des spectacles, des renseignements sur la Pena (un endroit qui propose des spectacles les dimanches) et des liens vers des sites où l'on peut acheter des accessoires et de la musique de flamenco.

Le flamenco, une danse sans limites

«Ce que j'aime dans le flamenco, c'est la liberté que l'on ressent quand on danse. On est seule ; j'ai l'impression que c'est un parcours initiatique. Et ce que j'aime dans cette danse, c'est qu'on y accepte tout le monde, jeunes et moins jeunes. J'avais le souvenir de mon expérience désastreuse de la danse classique lorsque j'avais six ans et que l'enseignante avait dit à ma mère que je n'avais pas le profil d'une danseuse. Le flamenco est bien différent», confie Aurore. Le flamenco, c'est avant tout une rencontre avec soi-même. Si, dans le tango, on part à la découverte de l'autre, le flamenco permet de se découvrir soi-même, et tout le monde peut le danser, car il accepte à bras ouvert tous ceux et celles qui veulent bien l'adopter.

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