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Santé publique

 Clin d'œil (Burundi) 12 April 2019

Ils arrivent un à un, depuis très tôt, pour être servi aussi tôt que possible. Naturellement, le personnel arrive à l’heure et s’active à apprêter le service ; c’est l’impression qu’on pourrait avoir du moins… Ici, le journal de Burundi nous montre la réalité de la santé publique au Burundi. (768 Words) - By Staff writer

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Se faire soigner : une PROBLEMATIQUE…

  • Ca nous concerne…
  • Les malades n'en peuvent plus !

  • Les services vont très mal et c'est les malades qui en font les frais

  • Quel mode d'emploi ?

  • L'Etat devrait remettre les pendules à l'heure

  • Secours aux patients !


Ils arrivent un à un, depuis très tôt, pour être servi aussi tôt que possible. Naturellement, le personnel arrive à l'heure et s'active à apprêter le service ; c'est l'impression qu'on pourrait avoir du moins…Pendant ce temps, le nombre de patients s'accroit et progressivement, ils arrivent en masse au fur et à mesure que le jour grandit, aussi pleins d'urgences les uns que les autres, pour être servis le plus vite et le plus tôt. Ici, chaque hôpital est régi par un règlement, mais aucune note aux malades et aux visiteurs quant aux démarches à suivre pour se faire consulter. Il est à noter que les non-initiés (nouveau-venus), rencontreront force problèmes.

Conventionnellement, les pièces exigées à l'accueil sont déposés par ordre d'arrivée, pour plus d'équité et d'ordre ; mais cela est plus théorique qu'autre chose car, les tricheries et les arrangements internes sont monnaie courante : des pièces non déposées seront contrôlées et expédiées, au vu de patients résignés et souffrants. Et gare aux retardataires qui n'ont pas la recette en la matière ! Pour être plus précis, nous sommes au centre Hospitalo-universitaire de Kamenge où médecins, docteurs stagiaires et infirmiers conjuguent leurs efforts pour les maladies. De ce côté, le défi reste l'insuffisance du personnel soignant et les conséquences sont déjà très lourdes, du fait même du manque criant des équipements et des médicaments. Le drame est que le service d'accueil, composé presque exclusivement de féminins - et tout témoin soit sans doute le phénomène lié à cet état de fait- n'arrange guerre l'affaire.

Ah, quel désenchantement lorsque après une bonne heure d'attente, le plus matinal des malades attend débout, tendu au possible, de peur d'être dépassé par de nouveaux arrivants ! On croirait qu'une formule automatique est en poche, pour régler l'affaire à la minute. On finira par se mettre à l'évidence avant longtemps, que l'humeur du personnel, la froideur de l'accueil est des plus repoussants et leur ras-le-bol les amènera à céder à l'agacement en déversant la bile sur les malades qui essayent d'exprimer leur malaise.

Au dedans de la vitrine, c'est davantage bavardage, coulisses et chuchotements et que sais-je encore…C'est comme si l'attente était le prix à payer pour leur santé ! le plus souffrant finiront par lâcher prise et s'écrouler sur le banc public et d'autres resterons appuyés contre le mur, surveillant une place disponible, attendant résignés leur appel éventuel pour poursuivre le chemin du calvaire. Il ne pas surtout pas regimber-pour ceux qui ont l'aiguillon revendicatif- au risque de s'attirer des foudres : avec eux, poser une question d'information, c'est comme allumer une mèche d'un explosif ; le refus de réponse valant mieux qu'une raillerie ou brimade. A l'autre côté du bloc, la file s'allonge aussi progressivement avec les patients déjà vérifiés.

Là aussi, les médecins se font rares et quand il n'y a pas assez pour tout le monde les gens sont toujours plein d'urgences. Si d'aventure vous passez le cap, que le docteur vous a prescrit des examens, le même bonhomme de chemin recommence, et bonjour la souffrance et le découragement. Et quand les pieds vous ramèneront au cabinet, probablement pour les résultats et une autre consultation, vous serez ébahi d'être reçu par quelqu'un d'autre qui n'a pas mené le premier diagnostic. Vous aurez donc deux médecins pour une même maladie et probablement aussi deux visions différentes pour une même consultation !

Et qu'en est-il des médicaments ?

Les affiliés de la fonction Publique, principales victimes de cet impitoyable système, n'auront qu'aux antidouleurs et analgésiques, où des antibiotiques par chance .Les médicaments qui s'attaquent à la racine de la maladie étant seulement pour les plus nantis, eux qui se font soigner à cent pour cent.

Cette triste situation est sans conteste imputable à l'Etat car, la santé est l'un des secteurs les plus sensibles de la société.

L'Etat, garant de la sécurité intégrale de tout citoyen, doit veiller à la santé de la population, en assainissant les services liés à ce secteur avant de lancer de nouvelles réformes, qui n'auront d'autres effets que l'alourdissement des services déjà très mauvais. Les maladies sont des patients ; ils ont besoin des personnes qui rassurent et les comprennent dans leur souffrance, au besoin, un personnel d'accueil assez chaleureux pour leur moral. Pour ainsi dire, des personnes qu'il faut aux places qu'il faut!

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