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Les violences électorales pourraient diminuer le nombre de candidates

 IPS 16 August 2019

On craint de plus en plus qu’un nombre croissant de candidates et d’électeurs ne puisse pas participer aux élections générales de 2011 en raison d'une recrudescence des violences liées aux élections. (996 Words) - By Kelvin Kachingwe

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La campagne dans la circonscription électorale de Chifubu avant les élections partielles du 5 août a été entachée de violences et d'intimidation de la part des partisans des partis participants, le parti au pouvoir, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) et le parti de l'opposition, le Front patriotique (PF).

Une élection partielle à Mufumbwe en mai, dans la province du nord-ouest, a vu deux personnes mourir des mains de hooligans politiques qui ont été engagés pour semer la confusion.

Et en janvier, des cadres du MMD ont menacé de "commettre un viol collectif" sur Edith Nawakwi, la présidente du Forum pour la démocratie et le développement, un parti de l'opposition, pour ses déclarations sur plusieurs questions de gouvernance. Mais l'inspecteur général de police du pays, Francis Kabonde, a réagi en disant que menacer une personne de violences n'est pas une infraction. Et le président Rupiah Banda a déclaré que ces jeunes réagissaient simplement aux insultes proférées contre lui par l'opposition.

Mais ces événements ont inquiété les femmes politiciennes et les groupes de défense des droits qui craignent la participation des femmes aux élections générales de 2011.

Sylvia Masebo, l'une des 22 femmes députées à l'Assemblée nationale de 150 sièges, s'inquiète de ce que peu de femmes participeront aux élections générales de 2011 à cause de l'augmentation des niveaux de violences politiques et du degré d'apathie dans l'application des lois.

"Je m'inquiète en tant que femme parlementaire que 2011 sera très difficile pour les femmes de se présenter. Il semble que nous sommes tous devenus violents", déclare Masebo, ancienne ministre de l'Habitat dans le gouvernement local.

Racheal Njovu, chargée de communication du Réseau de la coalition des femmes de la Zambie, déclare qu'elle voit une situation où les femmes ne pourront pas participer pleinement au processus électoral étant donné que les femmes et les enfants sont les plus touchés par tous les conflits.

"Dans les élections partielles de Mufumbwe, le député de 'Zambezi West' (Zambèze ouest), Charles Kakoma, a été frappé et poignardé par des cadres suspectés du parti au pouvoir. Si c'est ce genre de violences que nous connaîtrons dans la perspective des élections de l'année prochaine, alors je crains tant pour nos femmes candidates que pour les électeurs", confie-t-elle.

"Je ne vois pas beaucoup de femmes participer aux élections avec ce genre de violences qui ont réapparu dans les élections partielles en cours à Chifubu. Et il semble que notre personnel de sécurité a perdu tout espoir de l'arrêter. Je ne sais pas qui selon lui devrait protéger nos femmes sans défense".

Le moyen que Beverly Nyirenda a trouvé pour se protéger est de ne pas voter. Cette habitante de la banlieue de Chilenje à Lusaka affirme qu'elle ne s'est pas inscrite en tant qu'électrice dans l'exercice d'inscription des électeurs en cours parce qu'elle pense que les élections générales de 2011 seront un exercice futile car elles sont peu susceptibles d'être libres et transparentes.

"Vous avez vu ce qui s'est passé à Mufumbwe où des gens ont été poignardés et battus, y compris des policiers dans certains cas. Comment les élections peuvent-elles être libres et transparentes avec ce genre de violences? Vous ne pouvez pas intimider les électeurs comme ça et vous attendre à avoir des élections libres et transparentes; ils devraient être libres pour exercer leurs droits sans crainte", dit-elle.

A la suite des violences dans les élections partielles de Mufumbwe, les organisations de la société civile ont exigé que le gouvernement enquête sur les pertes de vie et de biens parce que les violences sont susceptibles d'avoir une incidence sur les élections générales de 2011. Mais il semble que certains politiciens sont coupables du fait d'embaucher de jeunes chômeurs qu'ils transportent vers les zones où les élections se tiennent pour intimider les électeurs.

Richard Banda, un jeune chômeur de la banlieue de Chawama, est l'un de ces jeunes qui ont été engagés pour ne faire que cela. Ses amis et lui ciblent également les femmes propriétaires de boutiques dans les marchés locaux qui acceptent de voter comme leur demande Banda puisqu'elles craignent de perdre leurs étalages dans le marché et, partant, leurs moyens de subsistance.

"[Les politiciens] nous embauchent par le biais des présidents de la jeunesse de leur circonscription électorale. La plupart d'entre-nous ne font rien, alors nous pouvons nous permettre de nous rendre à des endroits éloignés pendant des jours et nous mettre à faire des campagnes tant qu'ils nous donnent le moyen de transport, de l'argent et nous achètent aussi de l'alcool", déclare-t-il.

"Notre cause est simple. C'est juste d'intimider les électeurs et les opposants pour qu'ils votent pour le parti de notre choix. Le message ne nous dit rien, le nôtre est de semer la peur dans leur vote. Nous trouvons cela facile à faire surtout dans les zones rurales et dans les banlieues où la majorité est analphabète".

Le Projet de lutte contre l'apathie à l'égard des électeurs (AVAP) déclare qu'il craint que la Commission électorale de la Zambie ne dispose pas de la capacité technique et logistique pour organiser des élections libres et transparentes.

"Le Code électoral est toujours violé par vous les politiciens, les organisations non gouvernementales et les médias", a déclaré Bonnie Tembo, le directeur exécutif d'AVAP.

"Il est nécessaire d'avoir une nouvelle constitution avant les élections de 2011 en modifiant la Loi électorale pour répondre aux aspirations du peuple sur le régime électoral. Modifiez la Loi électorale pour l'adapter à ce qui facilitera les élections de 2011", a indiqué Tembo.

Actuellement, la Zambie organise la Conférence constitutionnelle nationale, qui a été chargée d'élaborer une nouvelle constitution.

Bien que le PF, le principal parti d'opposition, ait boycotté les séances, beaucoup de gens espèrent que la conférence élaborera une nouvelle constitution, qui garantira que les élections futures soient libres et transparentes.

 

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Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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