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Les grands-mères jouent le rôle de travailleurs sociaux

 IPS 26 July 2019

"L’Afrique ne peut pas survivre sans nous", tel est le message adressé par les grands-mères représentant toutes les parties du continent. (925 Words) - By Mantoe Phakathi

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Plus de 3.000 grands-mères ont marché dans les rues de Manzini, la cité commerciale du Swaziland, exigeant une indépendance financière pour fournir des aliments nutritifs, un logement décent, l'accès à l'éducation de qualité en cours pour leurs petits-enfants et une vie meilleure.

"Nous exigeons une indépendance économique afin de subvenir aux besoins de nos familles", a déclaré Judith Simelane, 90 ans, pendant qu'elle lisait la déclaration de Manzini, marquant la naissance du Mouvement des grands-mères africaines.

Freda Shabangu, 70 ans, une grand-mère de 12 petits-enfants, dont cinq enfants sont décédés, a également participé à la marche. Avec la maigre subvention équivalente à environ 80 dollars US qu'elle reçoit du gouvernement du Swaziland tous les trois mois, Shabangu doit subvenir à tous les besoins de ses petits-enfants.

"Je suis heureuse que pour la première fois, les grands-mères parlent pour elles-mêmes au sujet de leurs problèmes", a-t-elle confié à IPS.

Avec l'Afrique subsaharienne où se trouvent les deux-tiers des personnes vivant avec le VIH et le SIDA dans le monde, les grands-parents, notamment des grands-mères comme Shabangu, ont été obligées d'assumer la responsabilité de prendre soin des enfants malades et d'élever leurs petits-enfants. Malheureusement, la plupart des nations africaines fournissent peu ou rien en termes de sécurité sociale à ce groupe. Elles reçoivent aussi peu de reconnaissance pour leur contribution aux efforts nationaux de lutte contre le VIH.

"Nous devons avoir les ressources pour renforcer notre propre capacité à élever des familles en bonne santé et à nous entraider", a déclaré Simelane. "Nous appelons à davantage de formation dans des domaines critiques tels que les soins à domicile, la sensibilisation sur le VIH/SIDA, l'éducation des orphelins, les soins de santé, l'alphabétisation et la gestion financière".

Soutenue par la Fondation Stephen Lewis, cette première rencontre des grands-mères africaines a réuni 500 grands-mères venues de 14 pays africains et 42 de leurs homologues canadiennes.

Les grands-mères canadiennes présentes ici font partie des milliers de grands-mères au pays qui sont solidaires avec leurs sœurs d'Afrique", a dit Elizabeth Rennie de la Campagne de grands-mères à grands-mères.

"Ces grands-mères canadiennes", a ajouté Rennie, "collectent des fonds dans leur pays pour soutenir des programmes qui visent à donner à leurs homologues africaines une vie meilleure".

L'idée de cette rencontre, selon Siphiwe Hlophe, le directeur de la 'Swaziland Positive Living' (Vie positive au Swaziland - SWAPOL), a été conçue en 2006 à Toronto, au Canada, en réponse à la crise émergente à laquelle les grand-mères sont confrontées en Afrique subsaharienne.

"Cet événement est le début d'un processus visant à amener l'Afrique à reconnaître les grands-mères qui lutent vaillamment contre la pandémie du VIH/SIDA depuis plus de deux décennies", a souligné Hlophe.

Ilana Landsberg-Lewis, la directrice exécutive de la Fondation Stephen Lewis, a déclaré que son organisation a une philosophie selon laquelle si les communautés obtenaient l'argent dont elles ont besoin pour démarrer des entreprises, elles pourraient inverser la tendance.

"C'est ce que demandent ces grands-mères", a indiqué Landsberg-Lewis. "Elles exigent de meilleures politiques qui les appuieraient dans leurs communautés".

A cette fin, la fondation finance des programmes générateurs de revenus pour les grands-mères dans certains pays africains. En Ouganda, St. Francis, une organisation non gouvernementale (ONG), aide les grands-mères à créer des entreprises et également à épargner leurs bénéfices. Cette organisation travaille avec 120 grands-mères depuis 2007. La plupart de ces grands-mères vivent avec le VIH/SIDA.

"Nous donnons à chaque grand-mère 100 dollars pour commencer toute entreprise qu'elles jugent appropriée pour elles", a déclaré Angela Kirabo Ashaba, responsable du programme des grands-mères de St. Francis. St. L'ONG leur évite le fardeau de se déplacer vers les banques et de s'engager dans des tâches administratives compliquées en gardant en toute sécurité dans leurs bureaux les économies des grands-mères.

"Outre le fait que les banques sont intimidantes pour les grands-mères", a indiqué Anne Mwangi de la 'Kenya's WEM Integrated Health Services (WEMIHS)', "l'intérêt généré par le fonds de roulement traditionnel revient aux grands-mères. Il ne va pas à la banque ou à l'entreprise de micro-crédit".

L'organisation aide aussi les grands-mères à décider de la façon de dépenser leurs économies sur des nécessités telles que les frais de scolarité pour leurs petits-enfants et l'achat de vivres.

Les congressistes ont également discuté des stratégies pour faire face au VIH/SIDA à travers la mise en place de groupes de soutien pour les grands-mères, la révélation des noms des petits-enfants séropositifs, la sécurité sociale et les violences contre les grands-mères.

S'exprimant à l'ouverture officielle, Ntombi Tfwala, la reine mère du Swaziland, a déclaré que le viol des grands-mères est désormais courant. "Dans d'autres cas, nous apprenons que des voyous attaquent et dépouillent les femmes âgées du peu qu'elles ont", a indiqué Tfwala. "Je saisis cette occasion pour dénoncer ces maux qui rendent la vie difficile pour nous toutes".

Un bon regard sur les grands-mères participant à la rencontre suffisait pour dissiper l'image stéréotypée d'une grand-mère. En plus de vos femmes aux cheveux gris typiques, la définition d'une grand-mère est contextuelle, comme l'a observé Aisha Camara-Drammeh, la représentante nationale du Fonds des Nations Unies pour la population au Swaziland.

"Dans le contexte africain, notamment au Swaziland, une grand-mère, tant qu'elle a un petit-enfant, peut être soit une femme âgée ou non, mariée ou pas", a expliqué Camara-Drammeh.

Elle a dit qu'une grand-mère pourrait également être quelqu'une qui n'a pas ses propres enfants, mais "devient grand-mère parce que faisant partie d'une famille élargie".

A partir de la description ci-dessus, Camara-Drammeh a déclaré que les rôles des grands-mères sont différents et que le fardeau ressenti varie selon la situation en face. (FIN/2010)

 

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Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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