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YYY: L’Afrique du Sud n'est pas la cible d'une menace terroriste

L’Afrique du Sud n'est pas la cible d'une menace terroriste

 IPS 07 June 2019

BRUXELLES, 02 juin (IPS) - Le ministre sud-africain de la Sécurité l’a encore répété lundi dernier : la Coupe du monde ne fait l’objet d’aucune attaque à caractère terroriste. Et si le pays devenait la cible des terroristes, les services de lutte antiterroriste sont prêts pour y faire faire. Mais tout le monde ne partage pas cet avis et estime que l’Afrique n’est pas encore totalement prête pour contrer la menace terroriste. (712 words) - By Joren Gettemans

Les rumeurs de menacent envers le tournoi abondent déjà. Sunday, un journal sud-africain, relate les propos d'un informateur irakien précisant que des cellules terroristes et des camps d'entraînement se trouveraient déjà dans la région et se prépareraient à commettre une attaque contre les équipes néerlandaise ou danoise, tandis que certains militants blancs auraient déjà été arrêtés pour détention d'armes prohibées.

Sur internet aussi circulent en ce moment certaines menaces spécifiques. Rédigé par un certain jihadiste dénommé Ubada bin Al-Samit, le message précise que des dizaines ou des centaines de morts tomberont dans "une attaque qui ne peut être vaincue". Al-Samit cite les équipes américaine, britannique, slovène, française, allemande et italienne comme des cibles potentielles.

D'après les analystes, c'est surtout le premier match de l'équipe américaine du 12 juin prochain qui court des risques. Les Etats-Unis joueront contre la Grande-Bretagne et le vice-président américain Joe Biden souhaite assister à ce match anglo-saxon.

Etats-Unis

Selon le ministre sud-africaine de la Sécurité Nathi Mthethwa, toutes ces rumeurs font l'objet d'une enquête mais elles ne semblent pas constituer une menace réelle. « Il serait insensé pour un pays d'autoproclamer haut et fort qu'il est à l'abri d'une attaque terroriste », a déclaré le ministre. « Mais il n'y a actuellement aucune menace qui pèse sur l'Afrique du Sud ». Le département d'Etat américain n'a pas non plus d'informations sur une attaque spécifique. « En dépit des rumeurs médiatiques de ces dernières semaines, le gouvernement américain n'a aucune information crédible sur une menace sérieuse émanant d'un individu ou d'un groupe et qui coïnciderait avec la Coupe du monde", a déclaré le ministère américain dans une déclaration écrite. Néanmoins, le ministère met en garde les habitants des États-Unis sur le « risque accru d'actes terroristes par des groupes extrémistes en Afrique du Sud dans un proche avenir ».

Le ministre Mthethwa a réagi laconiquement à cette déclaration des États- Unis. « Chaque pays a le droit de dire ce qu'il veut à son peuple. Tout ce que nous répondons, c'est que l'Afrique du Sud a tout préparé en matière de sécurité en collaboration avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et d'autres pays ».

Le pays est également bien préparé pour accueillir le tournoi mondial, selon Nathi Mthethwa. L'Afrique du Sud a prévu au moins 40.000 agents de sécurité et a investi 90 millions de dollars dans de nouveaux équipements, y compris des hélicoptères, des bateaux rapides et des jet-skis. La semaine dernière, le siège de coordination de la sécurité été transféré dans un endroit secret où l'armée, la police et les services de renseignement travailleront ensemble. Il y a aussi des équipes spéciales de renseignement et des tribunaux qui seront en service 24 heures par jour.

Vols intérieurs

L'assurance sud-africaine a pris quelques coups ces dernières semaines. Il y a deux semaines, des journalistes sud-africains ont révélé avoir réussi à plusieurs reprises à déjouer les dispositifs de sécurité dans les aéroports d'Afrique du Sud. Pendant trois mois, les journalistes ont réussi à faire passer des couteaux, des aiguilles hypodermiques, des lames de rasoir et des tournevis sur des vols intérieurs.

Il y a quelques jours, l'expert en terrorisme Ronald Sandee de la NEFA Foundation a même été encore plus loin au cours de son témoignage devant le Congrès américain. Sandee parle d'une organisation incompétente, des frontières poreuses et du laxisme dans les services de renseignement. En outre, il précise qu'il existe des cellules terroristes dormantes en Afrique du Sud qui résideraient actuellement dans des camps d'entraînement dans les pays voisins.

Le témoignage de Sandee doit être pris avec des pincettes, selon l'Afrique du Sud et d'autres observateurs critiques, parce que la NEFA est une fondation financée par des groupes conservateurs aux Etats-Unis souhaitant en particulier mettre en garde contre la menace islamiste. Sandee aurait surtout forgé un scénario en s'appuyant sur des informations accessibles au public.

 

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Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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