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Les fistules obstétricales

 Clin d'œil (Burundi) 15 March 2019

Les fistules obstétricales sont le deuxième drame de l’accouchement dans les pays en voie de développement après la mortalité maternelle. Il s’agit de lésions apparaissant après un accouchement et responsables d’un écoulement permanent et incontrôlable de l'urine ou de l'excrétion des matières fécales par le vagin. Ces femmes ont le plus souvent perdu leur enfant, mort au moment de l’accouchement et elles sont souvent répudiées par leur mari en raison de cette odeur fétide permanente. (748 Words) - By Staff writer

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On estime que chaque minute,  dans le monde, 500 femmes démarrent une grossesse, 1 femme meurt en accouchant et 100 souffrent des conséquences de l'accouchement dont les fistules obstétricales, soit 20 à 50 millions  de femmes et 50 à 100.000 par an en Afrique de l'Ouest.

Les fistules obstétricales sont les conséquences d'un accouchement qui a été le plus souvent non surveillé et non pris en charge correctement.

Ceux  sont les mêmes causes qui expliquent le taux élevé de mortalité maternelle dans certains pays.

Depuis 2002, une mobilisation internationale a été initiée par l'UNFPA et de l'International Federation of Gynaecology Obstetrics (FIGO).

Deux axes d'amélioration  de la prise en charge ont été déterminés : le traitement chirurgical et la prévention des fistules obstétricales.

Le traitement chirurgical:

  • Il est essentiel car il permet de guérir 70 à 90% des femmes.

  • Il nécessite des équipes chirurgicales formées avec une compétence spécifique. On distingue des formes simples et des formes compliquées.

  • Les formes simples nécessitent une formation minimale mais avec cependant des qualités  de rigueur dans l'acte chirurgical et dans le suivi post-opératoire .

  • Les formes compliquées nécessitent une compétence en uro-gynécologie et du matériel plus sophistiqué. Le suivi post-opératoire est très important également.

 

La prévention des fistules obstétricales:

  • Elle est proche de  celle de la mortalité maternelle.

  • Ces composantes sont médicales, sociales et économiques.

  • Il est souhaitable que tout accouchement soit réalisé par des professionnels de santé compétents pour  la pratique de l'accouchement avec la possibilité de réaliser une césarienne si nécessaire.

  • Ceci nécessite une bonne compétence des professionnels des maternités en soins obstétricaux de base et de ceux des maternités de référence en soins obstétricaux  complets (césarienne, actes chirurgicaux, transfusion, …)

  • l'accès à toutes les femmes au système de santé de la reproduction, du fait de la gratuité des soins obstétricaux  et de l'amélioration du niveau d'éducation des femmes.

 

Au Burundi

Le nombre de grossesses est de 300 000 par an.

L'OMS évalue le taux de fistules obstétricales à 2-3 pour 1000 naissances vivantes.

Le nombre des fistules obstétricales  au Burundi peut être évalué sur ces bases autour de 1200 par an.

Dans le travail de thèse de  Salvator HARERIMANA réalisé en 2005, dans cinq provinces  à partir de l'interrogatoire de 30 professionnels de santé et de 17 focus groupes, 212 cas ont été identifiés correspondant très probablement au sommet de l'iceberg.

On retrouve les données épidémiologiques habituelles : faible taux d'accouchement dans une structure médicale (20%), des hôpitaux périphériques parfois  non équipés pour les soins obstétricaux d'urgence,  un système de transfert peu fonctionnel et des facteurs sociaux : jeune âge pour la première grossesse (>20ans), une majorité des femmes analphabètes, du secteur rural et n'ayant  pas eu de surveillance prénatale.

Il existe une croyance néfaste : « une vraie femme doit pouvoir expulser son bébé par ses propres moyens » et les fistules seraient liées à un mauvais sort.

Enfin, ces femmes sont dans la majorité des cas, répudiées par leur mari et pointées du doigt par la société.

A cette époque, le nombre de structures et de chirurgiens prenant en charge les fistules est très limité.

Depuis 2005,  les conditions pour la prise en charge chirurgicale et la prévention des fistules obstétricales se sont progressivement mis en place.

Des équipes chirurgicales ont commencé à se former avec l'aide de l'association Gynécologie Sans Frontières contribuant à  la création du centre de référence pour le traitement des fistules obstétricales au CHU Kamengé en 2009.

La dimension sociale a été intégrée dans la prise en charge médicale avec le soutien  de l'Association Handicap International.

La prévention a également considérablement progressé avec la prise en charge gratuite des frais liés aux soins obstétricaux, avec la formation progressive des équipes médicales et paramédicales aux soins obstétricaux d'urgence intégrée dans le programme du PNSR et avec l'accès à l'éducation pour toutes les fillettes, enjeu de la prévention pour demain.

Un grand espoir pour le soulagement de ces femmes et pour l'avenir obstétrical de leurs filles.

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