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Une incapacité à faire face aux grossesses chez les écolières

 IPS 01 November 2019

L’inquiétude par rapport à l’augmentation du nombre d'écolières qui abandonnent l'école pour cause de grossesse a relancé le débat sur le lien entre les rapports sexuels intergénérationnels et l'infection à VIH chez les jeunes au Zimbabwe. (653 Words) - By Ignatius Banda

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Bien que des données précises sur le nombre d'écolières qui abandonnent les classes pour cause de grossesse ne soient pas disponibles, des militants des droits des enfants et des experts en éducation estiment que les problèmes qui conduisent aux grossesses chez les écolières, y compris les violences sexuelles, sont largement restés sans solution.

Les rapports sexuels intergénérationnels entre les écolières et des hommes plus âgés ont été considérés comme un facteur clé.

"Tout le monde sait que des écolières tombent amoureuses des hommes beaucoup plus âgés parce que nous voulons des téléphones cellulaires et de l'argent puisque bon nombre de nos parents ne peuvent pas nous acheter ces choses", a déclaré à IPS, Tatenda Hlatshwayo, une écolière à Bulawayo.

"Même si nous savons ce qui est arrivé à d'autres filles qui sont tombées enceintes et qui ont été plaquées, nous continuons de les suivre, non pas parce que nous sommes stupides, mais parce que nous voulons aussi ces choses", a-t-elle souligné.

Accepté par les parents

Teresa Chigovera, de 'Childline', une organisation non gouvernementale de protection de l'enfance, affirme que bien que le fait d'avoir des rapports sexuels avec une mineure - les filles de moins de 16 ans - soit un crime au Zimbabwe, ce qui a rendu difficile l'aide aux victimes est que les familles acceptent les offres de mariage proposées par les auteurs.

"Bien que certaines familles dénoncent ces hommes à nous et à la police, elles retirent aussitôt les accusations, affirmant que l'homme beaucoup plus âgé, responsable, a fait des arrangements soit pour épouser l'écolière enceinte ou assurer les besoins du bébé", a déclaré Chigovera.

"Mais nous savons que ces hommes disparaissent dès que la menace d'une arrestation est levée", a-t-elle ajouté.

La plus récente Enquête nationale démographique et de santé du Zimbabwe, publiée en 2007, identifie les rapports sexuels intergénérationnels comme l'un des principaux facteurs de risque de VIH pour les jeunes femmes.

Selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA et l'Organisation mondiale de la santé (ONUSIDA/OMS - 2008), le taux de prévalence du VIH chez les femmes âgées de 15 à 24 est de 7,7 pour cent, comparativement à seulement 2,9 pour cent pour les hommes dans la même tranche d'âge.

L'inquiétude sur les taux élevés d'infection à VIH et la grossesse soulève également des questions quant à l'efficacité de l'éducation sexuelle dans les écoles.

En 2000, le gouvernement a introduit l'éducation sexuelle dans le programme d'enseignement - couvrant la santé de la reproduction, la prévention de l'initiation précoce aux rapports sexuels - comme faisant partie des efforts visant à ralentir le taux de prévalence du VIH chez les jeunes dans le pays


"L'éducation sexuelle ne favorisera pas une prise de conscience si nous continuons de parler de la façon de faire face aux grossesses chez les apprenantes", a souligné Abigail Dube, directeur du Collège de Nkulumane, dans le Matabeland (sud du pays).

Thomas Ntini, dont les enfants sont au collège, croit que le programme d'enseignement ne fait du bien aux enfants du pays en âge d'aller à l'école.

"Lorsque [le ministère de l'Education] a introduit premièrement l'éducation sexuelle, beaucoup de parents se sont plaints du fait que cela ne servait qu'à corrompre nos enfants. Maintenant, les écolières se lancent dans les rapports sexuels et tombent enceintes et nous ne sommes pas toujours d'accord s'il faut les laisser retourner (à l'école) et apprendre en tant que mères avec d'autres enfants", a indiqué Ntini.

"Mais où sont les hommes qui abusent de nos enfants? Ils disparaissent et répètent la même chose ailleurs et vous êtes tout simplement chanceux si votre enfant n'est pas affectée", a ajouté Ntini.

Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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