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Difficulté à faire face au VIH pédiatrique

 IPS 29 November 2019

Il y a 91.000 enfants vivant avec le VIH au Malawi. Un manque de ressources signifie que bon nombre ne reçoivent pas un traitement et des soins appropriés. (861 Words) - By Dingaan Mithi

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Le plus récent rapport sur l'épidémie de SIDA, publié par le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et l'Organisation mondiale de la santé, estimait qu'il y avait 2,1 millions d'enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dans le monde entier en 2007, dont 1,8 million étaient enregistrés en Afrique subsaharienne. La Campagne pour éradiquer le SIDA pédiatrique (CEPA) estime que 370.000 enfants africains ont été nouvellement infectés cette année-là.

Au Malawi, l'ONUSIDA estime que 91.000 enfants de moins de 15 ans vivent avec le VIH. Parmi les 27.000 de ces enfants qui souffrent d'une infection à VIH avancée et qui présentent un faible taux de CD4, un peu moins des deux-tiers bénéficient d'un traitement anti-rétroviral.

Des observateurs disent que ces soins ne sont pas appropriés.

"Il n'y a pas eu un traitement pédiatrique pour les enfants atteints du SIDA dans le pays, ce qui rend l'administration de médicaments difficile. Ils ont été obligés de recevoir des comprimés destinés aux adultes, que l'on casse en deux", déclare George Kayange, directeur exécutif du Centre d'information et de documentation sur les droits des enfants à Lilongwe, la capitale du Malawi.

Bien que cela puisse fournir à l'enfant la dose appropriée, les jeunes enfants en particulier ont du mal à avaler ces comprimés et à maintenir un régime de traitement efficace. Les ARV administrés par voie orale constitueraient une alternative, mais selon Linda Malilo, coordonnatrice de la formation à la 'Baylor International Pediatric AIDS Initiative' (Initiative internationale Baylor de lutte contre le SIDA pédiatrique - BIPAI), ceux-ci sont très coûteux et rares au Malawi.

La BIPAI et le Fonds Abbott appuient l'un des principaux sites du pays pour les soins du SIDA pédiatrique, le 'Children's Clinical Centre of Excellence' (le Centre clinique d'excellence pour enfants) à Lilongwe. Le directeur exécutif du centre, Dr Peter Kazembe, indique que le centre s'occupe de plus de 2.200 enfants, y compris 1.535 sous la thérapie anti-rétrovirale.

Parmi les organisations qui renvoient des enfants vers le centre, figure 'Edzi Kumudzi Association' (EKAM). L'EKAM est une organisation communautaire qui travaille pour aider les enfants vivant avec le VIH dans des zones rurales à proximité de Lilongwe. L'EKAM travaille avec plus de 2.000 orphelins du VIH, offrant un appui psychosocial. Un manque de ressources empêche cette organisation communautaire d'exécuter d'autres programmes comme la fourniture d'une bonne alimentation aux enfants séropositifs.

Le directeur exécutif de l'EKAM, Maxwell Mphoyo, a déclaré à IPS qu'il existe actuellement une mauvaise coordination entre des organisations comme la sienne et le gouvernement.

"Il serait facile pour le gouvernement d'améliorer les services de soins et de traitement du VIH pédiatrique s'il travaillait avec les ONG (organisations non gouvernementales) locales qui sont toujours sur le terrain, en train d'aider les enfants vivant avec le VIH et le SIDA au Malawi", a affirmé Mphoyo.

Il estime que la coordination entre les ONG locales et le gouvernement améliorerait les soins puisque des organisations comme l'EKAM luttent contre le VIH et le SIDA dans des zones rurales. Cela laisserait encore au gouvernement la tâche difficile de fournir suffisamment de ressources dans le budget national de santé pour compléter le travail de la société civile.

La secrétaire principale de la présidence et du gouvernement, chargée du VIH/SIDA et de l'alimentation, Mary Shawa, a déclaré aux médias locaux que le gouvernement est sincère par rapport à la réalisation de l'accès universel au traitement pour les enfants comme pour les adultes. Un plan visant à installer une usine pour produire des anti-rétroviraux au Malawi, constitue une démarche pour rendre le traitement disponible à davantage de personnes.

"Suivant les régulations des Nations Unies sur l'établissement d'une telle entreprise de fabrication de médicaments anti-rétroviraux, il y avait beaucoup de mesures qui devraient être prises. Nous voulons que l'entreprise soit prête dans deux ans", affirme Shawa.

L'EKAM dit que le gouvernement doit veiller à ce qu'une telle usine fabrique également des ARV spécialement destinés aux enfants.

"L'usine sera très importante pour les enfants vivant avec le VIH et le SIDA, puisque le traitement ne sera plus un problème", déclare Mphoyo. En outre, il a souligné la nécessité de former le personnel de santé sur le VIH pédiatrique et de construire plus d'installations sanitaires à travers le pays afin d'aider les enfants vivant avec le VIH et le SIDA.

La CEPA invite les gouvernements à travers l'Afrique à honorer leurs engagements à l'accès universel au traitement pour les adultes et les enfants en augmentant les allocations budgétaires pour la santé. Les gouvernements africains se sont engagés à consacrer 15 pour cent de leur budget total à la santé au cours d'une réunion de l'Union africaine à Abuja, au Nigeria, en 2001.

Pourtant, le Malawi est l'un des rares gouvernements africains qui ont atteint ce niveau de dépenses en 2006, seulement pour retomber: l'allocation pour la santé se situe actuellement à un peu moins de 13 pour cent.

Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

 

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