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Les femmes entrepreneurs forgent leur propre destin

 IPS 18 October 2019

A l’aube, Fatima Jardine-Millard attache à son dos un énorme réservoir fabriqué en Allemagne et un plateau de pâtisseries à sa taille, et se prépare à fournir le repas aux automobilistes épuisés immobilisés devant les feux de signalisation pendant les chaotiques va-et-vient quotidiens de Johannesburg. (875 Words) - By Chris Stein

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Les Sud-Africains sont habitués à l'offre des journaux aux feux de signalisation, mais Jardine-Millard déclare qu'elle est la seule personne qu'elle connaît comme une vendeuse du café pendant le trafic matinal.

Se souvenant d'une vendeuse ayant un sac à dos similaire vendant du vin lors d'un concert, Jardine-Millard a commencé à vendre du café comme un moyen de gagner de l'argent en attendant un autre emploi. Elle a ouvert le café-restaurant et la boulangerie Amamus qu'elle utilise comme une place pour préparer le café et pour cuir au four ses pâtisseries, en plus de servir le petit déjeuner et le déjeuner pour le reste de la journée.

Jardine-Millard appartient à une espèce en expansion de femmes sud-africaines qui souhaitent ardemment prendre le risque de lancer leurs propres affaires et d'y réussir.

En général, les femmes ont été empêchées de démarrer leurs propres entreprises par des facteurs dont le manque d'éducation, les responsabilités de la garde des enfants et les biens limités, selon une étude du pays par 'Global Entrepreneurship Monitor - GEM' (Suivi sur l'entreprenariat général) publiée l'année dernière. Les hommes dominent encore l'industrie et ils sont, par rapport aux femmes, à peu près une fois et demie plus susceptibles de démarrer une affaire en Afrique du Sud, selon le rapport.

Ceci commence à changer. "On s'attend maintenant à ce que les femmes fassent de pareilles affaires", a déclaré Charlotte Kemp, propriétaire de 'Niche Training', une société de conseil basée à Durban. "Il n'y a presque pas de femme qui ne soit en train de faire quelque chose en plus d'être maman".

Collaborer ou s'endetter

Mais malgré les conclusions du rapport de GEM selon lesquelles les femmes d'affaires prennent moins de risque financier que les hommes et que leurs affaires ont un taux d'échec plus faible, les banques continuent de faire la discrimination contre les femmes entrepreneurs quand il s'agit de financement.

Jardine-Millard a déclaré qu'elle s'est approchée des banques pour demander de financement pour son restaurant mais seulement pour être rejetée. Elle a finit par obtenir un prêt pour l'amélioration de l'habitat et elle a utilisé l'argent pour le restaurant.

"Les banques et les institutions font un grand tapage sur le soutien aux femmes entrepreneurs", a déclaré Jardine-Millard. "Elles étaient prêtes à m'accorder de crédit pour la retouche de mon appartement, mais pas pour mon restaurant".

D'autres en sont venues à former un genre de partenariat d'affaires avec leurs maris.

Pour Hilda Tod, propriétaire de 'The Bedroom', une boutique pour adulte dans la banlieue chic de Umlanga Rocks à Durban, travailler avec son mari a été essentiel pour l'ouverture de son magasin.

"Ouvrir avec l'appui [de mon mari] a été l'une des meilleures décisions que j'ai prises", a déclaré Tod, qui a ouvert 'The Bedroom' en novembre 2007.

Le mari de Tod, un investisseur pour un chantier de casse, a été également nécessaire pour le financement de l'ouverture de la boutique. Comme d'autres entrepreneurs, Tod a déclaré qu'elle a décidé de renoncer au financement des banques pour payer les frais d'ouverture de son entreprise, surtout parce qu'elle voulait créer une entreprise sans dette bancaire.

Nobuntu Webster a construit sa société de conseil en marketing, 'Ayano Communications', à la fois à partir des économies réalisées de son emploi précédent en marketing et du financement de son mari. Elle a évité de faire des prêts parce qu'elle a senti que ces derniers étaient des charges inutiles pour son entreprise naissante.

"Vous ne pouvez pas mettre de la pression sur une nouvelle entreprise. C'est comme essayer de monter sur le dos d'un enfant de trois ans", a déclaré Webster, qui est aussi basée à Durban. "Si vous avez une entreprise à fort rendement capitalistique, alors avancez. Si vous êtes dans les services, ce n'est pas nécessaire".

Le créneau des femmes

Etre dans une industrie dominée par les hommes a permis à Tod d'utiliser le genre à son avantage, a-t-elle déclaré. En commercialisant 'The Bedroom' comme un magasin pour les femmes et dirigé par les femmes, Tod a déclaré que son entreprise s'est distingué d'autres magasins comparables.

"Le créneau appartenant à la femme est un avantage", a déclaré Tod. "Le fait que des filles normales gèrent une boutique suscite mon intérêt et pique ma curiosité".

Pour Webster, les défis à gérer une entreprise sont centrés autour de son âge plutôt que sur le fait d'être femme. "J'ai eu plus de problèmes du fait d'être jeune et prise au sérieux par mes clients que du fait d'être femme", a déclaré Webster, âgée de 28 ans.

Selon Kemp, les femmes entrepreneurs se répartissent généralement en deux catégories: celles qui prétendent être dans les affaires et celles qui sont sérieuses par rapport à ça.

"Certaines jouent simplement à être des femmes d'affaires, mais c'est juste un passe-temps. D'autres travaillent jour et nuit sur leurs affaires", a-t-elle déclaré. Le plus gros défi pour un nouvel entrepreneur, a souligné Kemp, est de décider à quelle catégorie elle veut appartenir.

Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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