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Ignorer le patriarcat encourage plus de femmes politiques

 IPS 22 October 2019

Au Malawi, si une fille et un garçon sont tous nés dans une famille pauvre, ce sera naturellement sur le garçon que toutes les ressources financières seront investies. (799 Words) - By Chris Stein

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"L'argent pour l'école sera donné au garçon", a déclaré Victor Maulidi, le coordinateur par intérim du Réseau de coordination des organisations non gouvernementales (ONG) de promotion de genre. "La fille restera à la maison. On ne s'attendra pas à ce (qu'elle) atteigne un niveau plus élevé".

C'est ce traitement général des femmes depuis la naissance qui a partiellement été un facteur gênant quand il s'est agi de la participation des femmes à la politique dans le pays.

Bien qu'au Malawi la société civile fasse des efforts pour avoir des femmes candidates dans des postes, quel que soit leur parti politique, des obstacles demeurent toujours.

Ceci malgré l'existence du programme 50/50: une campagne qui vise à répondre au Protocole sur le genre et le développement de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), qui engage les pays à œuvrer à l'objectif d'avoir 50 pour cent de femmes dans des postes politiques et de prise de décisions d'ici à 2015.

Avec l'aide de la campagne 50/50, un nombre important de femmes politiques avait réussi dans les élections présidentielles de 2009 du pays. Sur les 237 femmes candidates, 38 ont été élues à des postes, entraînant un total de 43 femmes députées à l'échelle nationale, selon Maulidi.

"C'était un bon résultat. Le pourcentage de femmes a grimpé de 14 à 22 pour cent", a affirmé Maulidi. "Bien que nous n'ayons pas obtenu le nombre que nous voulions, les gens veulent maintenant nous parler".

Mais pour y arriver, les femmes candidates ont dû surmonter plusieurs obstacles sur leur chemin vers la candidature, a déclaré Maulidi. Cela comprenait un manque d'argent, l'isolement du système économique et un environnement hostile à leur candidature.

"Les femmes sont privées des droits économiques et la politique est très commercialisée", a affirmé Maulidi au sujet de la situation au Malawi. "L'environnement hostile dans lequel elles évoluent ne leur apporte pas beaucoup de soutien".

Plus au sud, l'Afrique du Sud se vente de 45 pour cent de femmes parlementaires, occupant ainsi la troisième place dans le monde en termes de représentation juste derrière le Rwanda (56 pour cent) et la Suède (47 pour cent).

Mais, selon Nana Ngobese, la présidente et fondatrice du petit parti politique appelé "Women Forward" (Femmes en avant), le pays sera confronté à des défis quand il s'agit de reconnaître les femmes politiques et les problèmes des femmes.

Ngobese a lancé les "Femmes en avant" en 2008, dans le but explicite de faire pression pour les questions des femmes au parlement. Elle dit qu'elle estime que la présidence de Jacob Zuma n'a pas réussi à plaider pour les droits des femmes, même si son parti désigne constamment des femmes en tant que parlementaires.

Ngobese a affirmé qu'elle travaillerait avec toutes les représentantes des femmes si elle est élue au parlement, et plaiderait pour des questions telles que la prévention des violences basées sur le genre et l'accès à l'éducation. Mais elle n'a pas pu dire avec précision les types de mesures qu'elle proposerait.

"Je ne suis pas encore sûre du système juridique", a déclaré Ngobese. "(Mais) je veux davantage amener les hommes plus jeunes à comprendre que l'égalité entre les sexes permettra de réaliser beaucoup de choses".

Bien que les grands événements politiques qui se produisent en Afrique du Sud aient tendance à avoir lieu dans les métropoles tentaculaires du pays, Jozini, une municipalité pauvre au KwaZulu Natal, apporte sa propre contribution. Depuis 2000, Thembeni Madlopha-Mthethwa a servi en tant que maire de Jozini, la première femme à diriger la ville.

"C'était au début un défi pour la communauté", a déclaré Madlopha-Mthethwa. "La plupart des gens n'étaient pas habitués au leadership féminin, mais ils ont fini par m'accepter".

La population de Jozini, environ 200.000 habitants, est à 99 pour cent composée de Noirs, et surtout de Zulu, a expliqué Madlopha-Mthethwa. Les électeurs dans cette municipalité commencent à soutenir 'Inkatha Freedom Party' (Parti de la liberté Inkatha - IFP), un parti nationaliste zulu dont Madlopha-Mthethwa est membre.

Dès le début, Madlopha-Mthethwa a déclaré que sa politique politicienne a défié l'ordre politique et social du pays, dominé par les hommes.

"Il n'existe aucun système patriarcal pour ainsi dire; c'est juste une conception que les gens ont, selon laquelle les hommes empêchent les femmes de faire la politique. La politique est un domaine difficile, même pour les hommes, à pénétrer", a-t-elle souligné.

L'Afrique du Sud et le Malawi retourneront tous deux aux urnes en 2014 pour d'autres élections présidentielles, et la société civile dans les deux pays espère que ces élections apporteront de nouvelles candidatures féminines dans le giron parlementaire.

Originally published by Inter Press Service. © www.streetnewsservice.org

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