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Interview: Mireille Niyonzima

 Clin d'œil (Burundi) 25 March 2019

Le mois de mars est marqué par la célébration de la journée internationale dédiée à la femme. Pour connaitre quelques aspects sur la vie et les de la femme au Burundi, la rédaction de Clin d‘Oeil a rencontré Mme Mireille Niyonzima la présidente et la représentante légale de l’Association pour la Défense des Droits de la Femme nous vous proposons de lire l’interview qu’elle nous a accordée. (846 Words) - By Jean Baptiste Niyongabo

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Clin Doeil_Interview Mireille Niyonzima

Mireille Niyonzima, women's activist in Burundi Clin D'oeil

Clin d'œil:Pourquoi défendez-vous les droits de la femme ?

Mireille Niyonzima: Nous défendons les droits de la femme parce que la femme est un être humain. La femme doit être respectée dans ses droits et devoirs. La femme est la base du développement familiale burundaise. Elle constitue le capital travail du pays. Pour ce, elle doit être protégée et respectée.


C.O: Quel est l'état des lieux des droits de la femme au Burundi ?

M.N: L'état des lieux des droits de la femme au Burundi est catastrophique et alarmant. Dans notre association où nous traitons les cas des violences faites aux femmes, nous observons des violences diversifiées infligées aux femmes. La femme est privée de la liberté d'expression. Jusqu'à présent le gouvernement n'a pas encore mis en place une politique claire par rapport à la protection de la femme. Par exemple, nous remarquons qu'il y a toujours résistance pour la mise en place de la loi de la succession et la libéralité des régimes matrimoniaux. Il y a encore manque d'une loi spécifique sur les violences basées sur le genre. Le budget alloué aux soins de santé pour les femmes reste minime si on considère les femmes qui meurent pendant l'accouchement.

Sur l'année 2010, nous avons enregistré plus de 5375 cas de violences domestiques, sexuelles économiques…


C.O: Que pensez-vous être à l'origine de la recrudescence des viols sexuels dont les femmes sont victimes dans ces années - ci et quelle remède faut-il y apporter ?

M.N: ces viols trouvent l'origine dans l'impunité, la corruption. Il y a ce manque de cadre où la femme est protégée de tous ces viols. Les auteurs de ces viols trouvent que c'est normal de commettre ces viols quand ils ne sont pas sévèrement punis et ils se font des petits rois et continuent à commettre ces violences. Le gouvernement doit mettre en place des lois qui punissent sévèrement les auteurs. Il doit y avoir un fonds alloué à la formation des policiers et les magistrats afin qu'ils soient des professionnels dans l'éradication de ces crimes. Ce fond devrait aussi aider à la réhabilitation des femmes violées.


C.O: Le 8 mars de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de la femme, y a- t--il un effet positif que cette célébration apporte à l'endroit de la femme burundaise ?
M.N: le 8 mars est une occasion pour les gouvernements et les peuples du monde de réfléchir sur ce que sont les droits de la femme. C'est une occasion de s'interroger sur ce qu'est la valeur de la femme, ce que la femme représente pour l'humanité entière.

Pour le Burundi, la célébration de la journée internationale de la femme laisse un impacte positif car le gouvernement accepte que cette journée soit célébrée et les différentes associations s'y investissent. Mais ce qui manque, ce sont des actions continuelles qui devraient accompagner cette journée afin que les thèmes choisis chaque année se traduisent en des faits concrets.


C.O: Il y a eu toujours des débats sur l'égalité des genres au Burundi. Peut-on confirmer qu'aujourd'hui la femme burundaise se réjouit de cette égalité ?
M.N: la femme ne se réjouit pas du tout de l'égalité des genres. Comme je l'ai toujours dit, les inégalités s'observent d'abord au niveau des lois, au niveau des politiques, au niveau de la gestion des biens de la famille. Il est vrai, on chemine vers cette égalité, mais elle n'est pas encore concrète. La politique est là mais elle est encore muette. Alors, il faut la mettre en action.


C.O: Trouvez-vous que la participation des femmes dans les institutions du pays laisse un impact positif sur le bien être de la femme au Burundi ?
M.N: La participation des femmes dans les institutions du pays laisse un impact positif sur le bien être de la femme burundaise mais il y a toujours des lacunes. Nous sommes toujours au début. Les femmes qui sont dans les institutions du pays n'ont pas encore ce pouvoir de faire asseoir les priorités de la femme car elles agissent toujours sous l'influence de l'homme. Ces femmes manquent encore des compétences requises pour la gestion de ces institutions mais on a l'espoir qu'elles y arriveront.

 

C.O: Avez-vous un message particulier à donner à notre lectorat ?
M.N: Je dirais que la femme est la mère de l'humanité. Elle doit être respectée. La femme est notre tante, notre sœur, notre fille … la femme doit être donnée sa dignité. L'œuvre de la femme est bénéfique pour l'humanité toute entière. Donc il faut la protégée.

 

 

 

Originally published by Clin d'Oeil © www.streetnewsservice.org

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